Alors, il le rencontra.
D'abord, il ne la vit pas. Comme dans ces tests psychologiques où l'on soumet au sujet des cartes à jouer impossibles - as de pique rouge, dix de carreau noir - et qu'il ne remarqua pas, les assimilant à des cartes standars , Marc associa Sophie au paysage habituel et ne sut remarquer ses différences.
Elle était, tout simplement, la carte impossible.
Il fit sa connaissance à Saignon, dans le parc naturel du Lubéron, lors de l'inauguration d'un site archéologique. On avait découvert sur une dalle calcaire des empreintes fosilisées d'animaux préhistoriques. Ce jour-là, sophie lui parla : elle était responsable de la communication de la fondationqui finançait le chantier. Il ne la remarqua pas. Une dame de trèfle rouge. Une reine de coeur noire. Il fallut qu'elle insitât, qu'elle l'invitât plsieurs fois, sur d'autres chantiers, financés par sa fondation, pour qu'enfin, il comprenne.
Sophie correspondait, trait pour trait, à son idéal féminin.
Elle était l'esquisse qui avait toujours plané dans son esprit. Le rêve latent qu'il s'efface au contact de sa pensée. Aujourd'hui encore, il aurait été incapable de la décrire. Grande, brune, à la fois précise et vague. Il ne se souvenait que d'un équilibre inouï. Une grâce parfaite. Il l'avait toujours pensé - et il enn possédait maintenant la preuve : on devait se moquer de la couleur des cheveux, de la qualité du teint, du grain de la peau. Seile compte l'harmonie de l'ensemble. La pureté des lignes, la rigueur du dessin. Comme le prodige d'une mélodie, qui peut être jouée sur n'importe quel instrument sans perdre son émotion.
Impossible non plus de dire s'il aimait son esprit, sapersonalité, puisque tout, absolument tout chez elle - remarques, décisions, attitudes - , était traversé par cette grâce indicible. Il ne l'écoutait pas : il planait. Il ne l'aimait pas : il lui vouait un culte. Il n'avait qu'un souhait : vivre auprès d'elle, accompagner cette beauté jusqu'au bout, comme on effectue un pèlerinage. Il voulait voir apparaître ses rides, apprivoiser sa beauté, sans chercher à la comprendre ni à percer son secret. Il espérait simplement s'intégrer à son histoire, comme un prêtre s'assimile à la foi, à force de prières sans saisir les desseins de Dieu.
D'abord, il ne la vit pas. Comme dans ces tests psychologiques où l'on soumet au sujet des cartes à jouer impossibles - as de pique rouge, dix de carreau noir - et qu'il ne remarqua pas, les assimilant à des cartes standars , Marc associa Sophie au paysage habituel et ne sut remarquer ses différences.
Elle était, tout simplement, la carte impossible.
Il fit sa connaissance à Saignon, dans le parc naturel du Lubéron, lors de l'inauguration d'un site archéologique. On avait découvert sur une dalle calcaire des empreintes fosilisées d'animaux préhistoriques. Ce jour-là, sophie lui parla : elle était responsable de la communication de la fondationqui finançait le chantier. Il ne la remarqua pas. Une dame de trèfle rouge. Une reine de coeur noire. Il fallut qu'elle insitât, qu'elle l'invitât plsieurs fois, sur d'autres chantiers, financés par sa fondation, pour qu'enfin, il comprenne.
Sophie correspondait, trait pour trait, à son idéal féminin.
Elle était l'esquisse qui avait toujours plané dans son esprit. Le rêve latent qu'il s'efface au contact de sa pensée. Aujourd'hui encore, il aurait été incapable de la décrire. Grande, brune, à la fois précise et vague. Il ne se souvenait que d'un équilibre inouï. Une grâce parfaite. Il l'avait toujours pensé - et il enn possédait maintenant la preuve : on devait se moquer de la couleur des cheveux, de la qualité du teint, du grain de la peau. Seile compte l'harmonie de l'ensemble. La pureté des lignes, la rigueur du dessin. Comme le prodige d'une mélodie, qui peut être jouée sur n'importe quel instrument sans perdre son émotion.
Impossible non plus de dire s'il aimait son esprit, sapersonalité, puisque tout, absolument tout chez elle - remarques, décisions, attitudes - , était traversé par cette grâce indicible. Il ne l'écoutait pas : il planait. Il ne l'aimait pas : il lui vouait un culte. Il n'avait qu'un souhait : vivre auprès d'elle, accompagner cette beauté jusqu'au bout, comme on effectue un pèlerinage. Il voulait voir apparaître ses rides, apprivoiser sa beauté, sans chercher à la comprendre ni à percer son secret. Il espérait simplement s'intégrer à son histoire, comme un prêtre s'assimile à la foi, à force de prières sans saisir les desseins de Dieu.
extrait p20 du livre "la ligne noire" de Jean-christophe Grangé



